Après t'avoir présenté Georgia, je suis bien évidemment allée à la rencontre des artisans présents au salon Ob'Art de Montpellier qui s'est déroulé ce weekend. Et ... bien entendu, j'ai eu quelques coup de coeur !
Je vais donc te faire un debrief des quelques artisans (parmi la centaine présente) pour qui j'ai craqué ce weekend.
Petula Pop, Carole Akdogan et Loupmama étaient présentes cette année encore et avec de très belles nouveautés, comme ces jolis nids en céramique de Loupmama.
J'ai beaucoup aimé le mobilier de Cousu d'Acier (artisan d'art montpelliérain),
le bestiaire de Lucie Delmas,
le travail peu commun de la céramique par Sylvie Pons, végétal et minéral à la fois,
et les créations d'Aline Campana, le travail des sculptures en fil d'acier me fascine.
Mon émerveillement sur le salon cette année je le dois à Valérie Tanfin, artisan d'art plumassière.
Ce métier m'a longtemps fasciné et avoir l'occasion de discuter avec Valérie et d'apprendre de si nombreuses informations sur son métier était juste génial.
Son travail est magnifique et ses fleurs sont folles !
De superbes découvertes cette année encore au salon Ob'Art !
Merci beaucoup aux Ateliers d'Art de France qui me donnent l'opportunité d'aller à leur rencontre et qui nous permettent à tous d'aller découvrir et échanger avec tous ces artisans d'art passionnés et passionnants.
Tu es allée au salon Ob'Art ? Quel(s) artisan(s) as-tu aimé rencontrer ?
Tu commences à me connaître, quand on m'offre l'opportunité d'aller à la rencontre de créateurs talentueux, je fonce sans réfléchir une seconde !
C'est ce que j'aime par-dessus tout avec ce blog : il m'offre des opportunités de rencontrer des personnes que je n'aurai pas l'occasion de croiser en d'autres circonstances.
Le salon Ob'Art Montpellier se déroulera du 6 au 8 avril au Corum, cette cinquième édition aura lieu aux mêmes dates que les Journées Européennes des Métiers d'Art.
Tu pourras y découvrir plus de 100 artisans qui présenteront leurs créations et leur métier ; l'occasion de découvrir toute la diversité de l'artisanat d'art et de participer à des ateliers au cours desquels des artisans dévoileront les rouages de leurs métiers.
Entrées gratuites disponible sur la billeterie en entrant le code promo OBARTWMH.
L'an dernier, je te présentais la céramiste Magalie Manchette, cette fois c'est dans l'univers de la bijouterie que je t'emmène avec Georgia Création, mon coup de coeur de cette année.
Avant de commencer et si tu veux te mettre dans la même ambiance que nous lorsque nous avons réalisé cette interview, je te propose de lancer cette playlist folk aux petits oignons(une des playlists qu'écoute Georgia lorsqu'elle travaille).
Georgia se définit comme une "artiste bijoutière" et m'a accueilli avec un bon thé et des cookies maison dans son atelier qui se situe dans un espace de coworking créatif que certain(e)s doivent sans doute connaître : l'AteLiées. Un magnifique espace partagé d'ateliers proposant également une boutique ouverte au public où l'on peut découvrir et acheter les créations de ces artisans-créateurs.
Georgia si tu devais te définir en 5 mots, quels seraient-ils ?
Sauvage, créative, rebelle, joyeuse et surtout rêveuse !
Quel métier rêvais-tu de faire quand tu étais enfant ?
Ce qui était prédominant dans ma vie c’était d'être artiste, pas comme un rêve mais plutôt comme une évidence.
Je ne me suis jamais vue faire autre chose que ça, comme en plus je viens d’un milieu artistique c'était donc la normalité. Je rêvais aussi d'être chanteuse, j'ai écrit quelques compositions à la guitare.
- Tu peux m'en dire plus sur ta famille d'artiste ?
Mon père est chanteur-auteur-compositeur et ma mère était une danseuse new-yorkaise de néo-contemporain dans la compagnie Balanchine. Elle est devenue plus tard peintre sur soie.
Ma soeur, mon frère ainsi que la plupart des membres de ma famille exercent un métier artistique. Toute cette fusion artistique m'a rendu sensible et m'a donné une perception de la vie riche et différente.
On m'a éduqué à être responsable de mes actes très jeune ; je pouvais peindre sur les murs, j'ai même peint mon chat ! J'étais libre d'exprimer ma créativité.
Quel est ton parcours et comment es-tu arrivée à la joaillerie ?
Depuis toute petite, j'ai toujours été fourrée dans l'atelier de ma mère ou le studio de musique de mon père. C'était mon quotidien. Ma mère nous installait une grande table et nous faisions du dessin, de la peinture, du collage, du papier mâché, ... et surtout, j'enfilais des perles !
Une de mes cousines américaines me ramenait souvent des pinces, des pierres ou des perles. C'est comme ça que j'ai pu commencer à créer mes premiers bijoux fantaisies. Je les vendais dans la boutique de ma mère à St Quentin la Poterie. J'avais des clients qui revenaient chaque année m'acheter mes créations, et ça me rendait heureuse.
Après le bac, j'ai démarché plusieurs fois des bijoutiers et des écoles de bijouterie. Tous m'ont
fermé la porte au nez. J'étais soit trop âgée (à 21ans ?) soit les frais de scolarité étaient bien trop élevés pour moi. Alors je me suis perdue pendant des années à suivre des études qui m'ennuyaient à mourrir, à
essayer de rentrer dans le moule et ne rien faire de mes dix doigts.
En 2011, après le décès de ma mère, je suis partie me former en Inde. J'en avais entendu parler par
une connaissance et j'avais besoin d'aventure. En presque 2 mois, j'ai appris les bases du métier de
bijoutier-joaillier, en travaillant par terre, à l'arrache ! C'est aussi en Inde que j'ai rencontré mon mari tibétain, dans ce village qui borde l'Himalaya et qui est la résidence du Dalaï Lama.
Je suis tout de même autodidacte et l'univers
du bijou est tellement vaste que j'apprends tous les jours.
Aujourd'hui je travaille à L'AteLiées avec 10 autres créateurs/rices où nous vendons nos propres
créations, fabriquées sur place, dans nos ateliers respectifs.
Comment est née ta marque ?
Ma marque est née quand j'ai assumé de me dire que je voulais faire de la bijouterie, malgré les galères parce qu'il n'y a que la création qui m'intéresse. Ca a donc été naturel pour moi de créer ma marque, une collection et de me faire connaître. Là je suis au tout début et j'ai bien l'intention de me perfectionner au maximum et de me faire connaître en France et à l'international. Dream big !
Je voulais un nom original et qui se retienne facilement, finalement mon prénom me
convenait. Ma marque, c'est un peu moi !
Pour le logo, je me suis enfermée chez moi pendant 2 semaines à chercher
l'inspiration partout et j'ai fini par faire cette aquarelle dont je suis très fière. Ca me
ressemble beaucoup. C'est léger, poétique, et en même temps fort. J'ai vraiment
travaillé pour que l'intérieur créé le contour, je ne voulais pas que des lignes ferment
le dessin. C'est quelque chose dans le travail de ma mère qui m'a beaucoup
influencé "c'est l'ombre qui crée la lumière".
Où trouves-tu ton inspiration ?
Partout ! J'aime la nature ça c'est sûr, ça se voit dans mes créations, c'est ce qui me ressource, me rend heureuse.
Quand j'ai créé ma première bague arbre c'était très inconscient j'avais juste envie de porter un arbre. C'était ma perception de la nature et au final cette collection plaît beaucoup.
Comme j'ai appris en Inde ça m'a beaucoup inspiré au début, ça se voit d'ailleurs. J'essaie de m'en détacher un petit peu ou en tout cas d'élever le côté ethnique pour que ce soit plus moderne et comme je suis un peu rebelle, j'ai une hantise absolue d'être cataloguée dans un groupe, ... ça m'angoisse. Je n'ai donc pas envie d'être mise dans la case "ethnique" (ou autre) et j'essaie de faire des choses que j'aurai envie de porter.
Je m'inspire peut-être un peu d'architecture, d'autres cultures, de la nature, des couleurs aussi (et ces milliers de nuances).
- Est-ce que tu es un peu dans la lithothérapie, par rapport à ton travail des pierres ?
Non. Je suis attirée par les pierres parce que j'aime la couleur ou parce qu'elles ont une brillance particulière, une lumière ou une vibration qui m'attire et qu'on ne peut pas expliquer.
La lithothérapie je n'y suis pas particulièrement attachée, ce n'est pas quelque chose qui me guide dans mes créations. C'est plus un travail intuitif, je vais associer une pierre à un bijoux en suivant mon intuition et mon inspiration.
Je me fournis uniquement chez des artisans qui taillent les pierres eux-mêmes, je fais très attention à ça et je choisis mes pierres une à une.
- Est-ce que tu dessines tes pièces au préalable ou te laisses-tu guider en créant ?
C'est très aléatoire. Quand j'ai besoin de me concentrer et de me discipliner, je vais les dessiner avant. Mais en général je me laisse guider ; j'aime travailler la matière et me laisser guider par elle.
Quels sont les créateurs/artistes que tu admires, qui t'inspirent ?
Ananda Khalsa, une créatrice de bijoux qui m’a beaucoup inspiré, j'ai eu un coup de coeur pour ses créations quand j'étais ado. C'est elle qui m'a donné envie de faire de la bijouterie professionnellement.
Peter Knapp un artiste qui m’a beaucoup marqué quand j'étais aux beaux arts. Sa découverte a provoqué un déclic libérateur : ça a changé toute ma perception de l'art ! Son travail sur l'illusion et la perception de la réalité m'a ouvert tout un champ de possibles.
J'imagine que tu dois avoir la tête qui fourmille de nouvelles idées, peux-tu nous en dire plus sur tes futures créations ?
Comme je le disais plus tôt, j'aimerai élever ce côté ethnique et faire des créations plus contemporaines, plus épurées.
Ce qui me plaît c'est de travailler avec les contrastes, j'aime rechercher l'équilibre entre des choses qui sont en pleine dualité. Je pense que ma prochaine collection tendra vers ça.
Mon rêve serait de faire du bijoux d'art. Etre vraiment dans l'expérimentation des choses et moins dans le côté commercialisable, créer des pièces plus sculpturales.
Quels conseils donnerais-tu à une créatrice qui veut se lancer ?
Merci infiniment Georgia pour ton accueil chaleureux et tout ce que tu as partagé avec moi pendant ces quelques heures passées ensemble, j'ai adoré ce moment et nos échanges !
INVITATIONS POUR LE SALON OB'ART MONTPELLIER :
Si tu souhaites aller rencontrer tous ces artisans-créateurs passionnants durant le salon Ob'Art Montpellier, j'ai des invitations pour toi !
Il te suffit de télécharger ton entrée gratuite grâce au code promo OBARTWMH sur la billeterie.
INFOS PRATIQUES :
Salon des Métiers d’Art Ob’Art Montpellier – du 6 au 8 avril 2018 au Corum
Le salon Ob'Art a ouvert ses portes aujourd'hui au Corum et ce jusqu'à dimanche (pour ceux du fond, j'en ai un peu parlé ici).
J'ai eu la chance de pouvoir découvrir les exposants hier soir et j'ai donc pu me balader tranquillement dans les allées pour te faire un petit rapport assez alléchant de ce que tu pourras y dénicher.
Une soixantaine d'artisans d'art t'attendent vaillament, certains sont un peu fébriles de te présenter leurs créations, pour d'autres c'est leur premier salon, mais ils ont tous hâte !
Je te propose un petit extrait des artisans d'art présents, ceux pour qui j'ai eu un crush.
De la belle vannerie avec l'Atelier Archelle :
Mais aussi chez la Vannerie Aozilh :
Pour l'occasion, Stéphane Forêt-Deleau proposera des ateliers vanneries d'une durée de 20 minutes à 1 heure, au programme : tresser le typha ou le jonc (fibres végétales dites « molles »), coudre la natte et repartir avec sa création.
Du côté des céramistes, bien évidemment, j'en ai profité pour revoir Magalie Manchette et je n'ai pas pu m'empêcher de prendre en photos ses cocons ♡ :
Et j'ai aussi découvert l'univers de Loupmama (je suis fan de ses suspensions) :
Côté design, je te conseille d'aller voir les créations épurées de Romuald Fleury :
Et les tabourets nuage de M'A-T-IL DIT (neeeeeeed !) :
Côté textile, Pop'Line et sa délicate lingerie (#passionculotte) :
La belle laine peignée puis transformée par Anne-Laure Boussarie de Petula Pop :
Et la verrerie de Carole Akdogan (mon dieu ce luminaire ♡) :
Le salon est gratuit aujourd'hui mais sera payant samedi et dimanche (6,50€ // Gratuit pour les moins de 18 ans).
A tout hasard, pense à vérifier qu''il ne reste pas quelques entrées en entrant le code promo : OBMWMH 👉🏽 ici 👈🏽
🍀 Psssst ! Si tu ne l'as pas vu passer, y a du concours en ce moment sur le blog et c'est par là : WMHM x My Do It Box🍀
Et c'est grâce au Salon Ob'Art que je remets le pied à l'étrier. Je t'explique.
Le Salon Ob'Art est organisé par Ateliers d'Art de France* depuis plusieurs années, à Paris, Bordeaux et Montpellier. La quatrième édition du Salon Ob'Art Montpellier aura lieu du 31 mars au 02 avril, au Corum.
J'ai été contacté cette année pour aller à la rencontre d'un artisan de mon choix, présent au Salon Ob'Art 2017, et d'en faire un article.
Curieuse de nouveaux créateurs et ayant envie de relancer mes "interviews créatrices" depuis longtemps : j'ai dis oui tout de suite, évidemment !
Je t'emmène donc à la découverte de Magalie Manchette, céramiste, que j'ai eu le plaisir de rencontrer dans ce contexte.
Magalie m'a accueillie autour d'un thé au soleil devant son atelier-boutique, a bien voulu se prêter au jeu de mes questions avec humour et passion (mon dieu que ça fait cliché, mais c'est vrai !) et m'a laissé photographier dans les recoins. Ce fût une chouette après-midi en Aveyron.
Merci beaucoup Magalie pour ton super accueil !
Magalie si tu devais te définir en 5 mots, quels seraient-ils ?
Quel métier rêvais-tu de faire quand tu étais enfant ?
Un travail manuel ! Je voulais faire des choses avec mes mains, j'ai toujours été très manuelle ; le choix de travailler la terre est arrivé relativement tôt. Mais je suis une touche-à-tout, j'aime faire pleins de choses dans la bricole.
Quel est ton parcours et comment es-tu arrivée à la céramique ?
Le système scolaire ne me convenait pas et il n'y avait qu'en arts appliqués que je prenais du plaisir en cours. J'avais l'envie d'apprendre le travail de la terre mais aussi à utiliser les pinceaux.
Je me suis donc inscrite en CAP "Décoration sur céramique" puis j'ai continué mes études en faisant un BMA** en céramique (4 ans dans un lycée technique en Seine et Marne).
Suite à ça, j'ai travaillé 2 ans en tant qu'assistante pour une potière sur Paris. Elle m'a beaucoup appris et m'a laissé beaucoup de liberté dans la production. Elle était très pédagogue et donnait régulièrement des cours de poterie pour lesquels je l'aidais au bon fonctionnement de l'atelier.
Puis j'ai donné des cours dans des centres d'animation. En parallèle, j'étais en pleine recherche de mon style, de ce que je voulais créer. Il fallait que je prenne le temps.
Après 10 ans de vie sur Paris, mon compagnon et moi en avons eu marre et aussi une furieuse envie de se mettre "au vert" ; le choix de l'Aveyron s'est fait un peu par hasard, par le biais d'amis. Et ça fait maintenant 8 ans que j'ai mon atelier ici, à Eulalie d'Art.
Comment est née ta marque ?
Alors, ce n'est pas vraiment une "marque". Mais, disons que j'ai lancé ma production ici, dès que je me suis installée au sein d'Eulalie d'Art avec mon propre atelier.
Eulalie d'Art, c'est une ancienne grange qui a été totalement restaurée et aménagée en plusieurs ateliers d'art par la municipalité de Ste Eulalie d'Olt. Ce qui est génial ici, c'est qu'il y a toutes sortes d'artisans qui s'installent dans ses ateliers sur des longues ou plus courtes périodes ; ça permet de se rencontrer et d'échanger, c'est très enrichissant.
Où trouves-tu ton inspiration ?
Beaucoup dans la musique (la musique m'évoque des images) mais aussi dans les BD, les romans graphiques et tout ce qui m'entoure dans la nature.
Il y a dans mon travail un mélange ambiguë entre l'animal et le végétal.
Le travail du décor sur mes céramiques commence par une tâche d'oxyde que je dirige plus ou moins avec mon pinceau. Je veux conserver un décor qui soit toujours aléatoire et unique.
Mon univers est assez fantasmagorique, pour moi il est très important de ne pas représenter quelque chose. Je fonctionne sur les émotions et j'ai envie que les gens qui regardent mes créations fonctionnent de la même manière, que chacun trouve ce qu'il a envie de voir.
Quels sont les "créateurs" qui t'inspirent ?
Dernièrement ce sont deux auteurs de BD : Charles Burns et Manu Larcenet. Leurs univers assez sombres m'inspirent. Notamment "Blast" de Manu Larcenet : les arbres de mes cache-pots me sont venus grâce à cette série.
J'imagine que tu dois avoir la tête qui fourmille de nouvelles idées, peux-tu nous en dire plus sur tes futures créations ?
Je reste dans des pièces utilitaires (vaisselle, vase, ...), mis à part les méduses et les cocons.
J'ai envie d'explorer en faisant des pièces plus déjantées, plus folles mais qui conserveraient une utilité. Ce sera au feeling et à l'envie, rien n'est figé.
Quels conseils donnerais-tu à une créatrice qui veut se lancer ?
Ne pas avoir peur de l'échec.
Ne pas avoir peur de casser et refaire encore et encore.
Ne pas avoir peur de se tromper ou de rater.
Ne pas s'attacher à l'objet.
Premiers arrivés, premiers servis ! A bon entendeur ;)
*Ob’Art bénéficie de l’expertise d’Ateliers d’Art de France dans l’organisation de salons métiers d’art au prestige reconnu. Ateliers d’Art de France est le syndicat professionnel des métiers d’art. Il fédère plus de 6 000 artisans d’art, artistes de la matière et manufactures d’art sur le territoire national. Ses missions : représenter, défendre les professionnels des métiers d’art et contribuer au développement économique du secteur, en France et à l’international.